Coronavirus : le circuit du tennis fauteuil sans dessus dessous

Coronavirus : le circuit du tennis fauteuil sans dessus dessous

Alors que le coronavirus continue de s’étendre à travers le monde et de susciter de nombreuses inquiétudes, le circuit international de tennis fauteuil se retrouve complétement perturbé par ce problème mondial. Les tournois s’annulent les uns après les autres, les joueuses et les joueurs cherchent à s’adapter à l’inattendu alors qu’un grand flou s’est emparé du calendrier. Cette instabilité pose de sérieux problèmes pour les différents protagonistes mais également souligne un souci d’équité dans la perspective de la qualification pour les Jeux Paralympiques de Tokyo qui se dérouleront fin août. 

Les annulations s’enchaînent les unes après les autres 

C’est surtout depuis que le coronavirus a touché l’Europe que le circuit de tennis fauteuil a commencé à être perturbé. La Corée du Sud et le Japon ont annoncé assez rapidement que la tournée d’avril serait reportée à une date ultérieure. Si cette décision n’a pas directement impacté les joueurs, les annulations consécutives du tournoi de Biel, en Suisse, et de Cuneo, en Italie ont provoqué une onde de choc chez les sportives et les sportifs car ces tournois étaient beaucoup plus rapprochés dans le temps. Celles et ceux qui étaient inscrits n’avaient plus la possibilité de se rabattre sur des tournois se déroulant en même temps et notamment, la tournée américaine. Plus récemment, ce sont les qualifications européennes pour la Coupe du Monde prévues en Sardaigne et le Karvinia Open, en République Tchèque, qui ont baissé pavillon. Autre victime collatérale : les deux tournois prévus en Malaisie, toujours en mars. Quand on fait les comptes, sur les onze tournois prévus en mars, seulement quatre sont pour le moment maintenus, tous sur le continent américain. 

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Le souci de l’équité

Ces différentes réponses apportées au coronavirus posent la question de l’équité, notamment en pleine période de qualification pour les Jeux Paralympiques de Tokyo. Pour rappel, le classement pris en compte dans l’optique de l’événement japonais sera celui de début juin. Ainsi, tous les tournois disputés avant cette date comptent pour la course à la qualification. Les joueuses et les joueurs qui ont la possibilité de jouer, alors que d’autres sont sur le carreau, possèdent un avantage certain. Les annulations des différents tournois étant survenues tardivement, les inscrites et les inscrits n’ont pas pu s’inscrire pour la tournée américaine, par exemple. Les précieuses invitations (deux par tournois) n’ont pas pu satisfaire tout le monde surtout que la ITF n’a pas voulu augmenter les quotas de « wild-card ». Le circuit international se déroule à deux vitesses entre ceux qui jouent et ceux qui sont dans l’incapacité de jouer. 

Quelles sont les solutions pour contrer le coronavirus ? 

La position de la ITF n’est pas simple, l’ATP peut en témoigner. Pourtant, l’équité est clairement atteinte et si la situation perdure, il faudra prendre des décisions fortes. Accepter plus de monde sur les tournois qui peuvent de dérouler est une solution envisageable mais elle remet une lourde responsabilité sur le dos des organisateurs, notamment d’un point de vue logistique. Annuler purement et simplement tous les tournois jusqu’à ce que la situation se stabilise ? Pourquoi pas, mais l’épidémie si elle est mondiale, n’est pas mondialement homogène. La situation en Chine et au Japon semble se stabiliser alors que le virus est en pleine expansion en Europe et qu’il n’a pas encore atteint l’Amérique du Sud. Il sera, dès lors, difficile d’envisager un retour à la normale qui fasse consensus. La dernière option serait d’arrêter les classements dans l’optique des Jeux en se basant sur le classement de début mars. Il faudrait alors prendre en compte que les points gagnés sur la période Juin 2019/Février 2020. Quoi qu’il en soit, la situation est inédite et il faut donner une réponse qui le soit aussi. 

Le grand flou du calendrier 

Le plus difficile à négocier pour les joueuses et les joueurs est le flou qui entoure l’avenir à court terme de leur saison. Ils sont en permanence dans l’adaptation de leur calendrier et cela pose de grands soucis financiers. Lorsqu’un tournoi s’annule, le joueur doit annuler ses billets d’avions et ses réservations d’hôtels (même si la plupart du temps cela est compris dans l’inscription qui n’est pas payée en avance). Peu ont des assurances en cas d’annulation et quasiment tous sont dans le rouge et n’ont pas la capacité de payer à nouveau des vols. Pour celles et ceux qui le peuvent, il faut aussi réussir à trouver de nouveaux tournois qui ne sont pas encore annulés. Mariska Venter qui avait prévu de jouer Biel, Cuneo et le Karvinia Open s’est rabattue sur le Chili. C’est le cas également d’Emmanuelle Mörch qui fera aussi un tour en Colombie. Et si mars est compliqué, avril s’annonce encore plus difficile. Il ne reste déjà plus que quelques mois pour les joueuses et les joueurs qui espèrent encore valider leur billet pour les Jeux Paralympiques. Ils sont obligés de disputer des tournois pour glaner de précieux points mais sans être sûr qu’ils en auront la capacité. Ni même si Tokyo pourra maintenir son événement à cause du coronavirus.

Auteur: Valentin Desanges